Réshumeurs

Si « à la fin du bal, on paie les musiciens ». A l’aune de la vaisselle,  on peut (re)considérer l’après-midi du dimanche. De tables de flacons regroupés et empilés, de tasses, de nourritures terrestres. De fonds de verre. Un savant dosage de chaud et de froid, pour aller vers l’hiver. Si le chaud réchauffe, le froid gazeux ou pas, houblonneux ou pas, finit lui aussi par … Continuer de lire Réshumeurs

Les créatures

Pas de discrimination. Pas de discours redondants. Des actes. Des faits. Elles se sont approprié le comptoir. Assises. Debout. Groupées. Consciencieusement occupées. Affairées. C’est l’heure d’avant. Avant-déjeuner, ici. Comme les horaires sont sur un autre mode. Plutôt sur le coup de quatorze heures, avant d’envisager de passer à table. Mais, à l’aune de l’heure d’avant, il ne s’agit pas encore de s’attabler. Une boisson chaude, … Continuer de lire Les créatures

Novembre ; vers la fin…

C’est la taille. Pas un nouvel impôt, non, mais une action. Physique. Qui laisse des traces. Qui décoiffe ! Les feuilles, le soir, entassées pour être ramassées le lendemain, au plus tôt. Ceux de l’autre côté de la rue connaissent un court répit. Mais demain, ils y ont droit. Les arbres des villes. Un vert alibi, comme des animaux en liberté dans un…zoo. Du végétal … Continuer de lire Novembre ; vers la fin…

L’Annivraisaire

Il est passé. Mon jour que je suis né. C’était bien. Avant c’était doux, pendant c’était mouvant, aprés c’est passé. Il reste des mots. Des souvenirs qui ne sont pas sortis;  je les garde bien rangés. Enfin, pas « bien » à proprement parler, parce qu’ils font irruption parfois. Ils savent me parler. Ils se pointent toujours gentiment, sur la pointe des pieds, légers, tout légers. Tellement … Continuer de lire L’Annivraisaire

Bar : d’humanité…

Le vieux monsieur est assis ce matin. C’est un vieux monsieur, pas vieux. Il a cessé de travailler. Durant l’été, il stationnait au bout du comptoir, en short et en chemise à manches courtes. Un café con leche, una tortilla, una cana, puis une bouteille d’eau… Un vieux monsieur pas vieux. Un retraité. Un monsieur qui va vers les soixante-dix ans, doucement. Il compte les … Continuer de lire Bar : d’humanité…

Pause à Bilbao

Les chaises sont empilées. Ils s’assoient dessus, les pieds dans le vide. Une façon de ne pas toucher terre. Un petit goût d’extase. Une boisson gazeuse, déposée sur les tables empilées, elles aussi. Et de joindre les mains, pour consulter le monde. Celui des réseaux sociaux, celui des messageries instantanées, des fois qu’on aurait un tour de « bla-bla » à rattraper. Les silhouettes se courbent, les … Continuer de lire Pause à Bilbao

Août toujours

…Ce matin, tôt pour moi, mais sans doute à point nommé,  pour eux, deux ouvriers en terrasse, à l’angle de la rue. Une bière fraîche. Plutôt rousse. Une cigarette au bout du bras. L’apostrophe sonore, pendant que son collègue se lève. Un tee-shirt bleu qui a déjà bien transpiré. Un visage de barbu, rond et marqué. Comme celui d’un peintre-marin. Un peintre qui voyagerait. En … Continuer de lire Août toujours

Café pause

  C’est un angle de rue. Un de ces endroits qui arrondit les angles. Un café, dans une densité d’établissements proposant du boire et du manger. Du voir et du parler aussi. Le mobilier blanc du marchand de houblon, la table à l’unisson. Le balayeur assis, les jambes allongées, devisant sereinement avec l’œil de l’horodateur. Ici, « l’œil » est vêtue d’une tenue sombre, puis d’un gilet … Continuer de lire Café pause

Aste nagusia Bilbao (7) : Agur

    « -Tu peux dire « au revoir » à la mer, tu peux lui dire : au revoir, répète le garçon -Au revoir la mer », dit-elle, en récupérant ses tongs. Elle et sa sœur vêtues à l’identique, d’une robe bleue à bretelles, ornée de motifs, continuent de sautiller dans le sable. Sur la plage de Bidart, Mamie confirme que « c’était le dernier soir ». Une fin de … Continuer de lire Aste nagusia Bilbao (7) : Agur

Aste Nagusia (6) : Herri Kirola Neskak

Elles forment un attelage. Harnachées. En short ou fuseau, des dossards violets. Leur entraîneur en  face. Il marche à reculons, indique les temps de repos, entre chaque aller-et-retour avec une pierre de 500 kilos à traîner sur environ une trentaine de mètres. Un groupe de huit jeunes femmes. Des femelles vigoureuses, courageuses, le pied droit devant, pour celles de droite. Le pied gauche, de l’autre … Continuer de lire Aste Nagusia (6) : Herri Kirola Neskak