Ratatiné

Le fauteuil, le soir devant la télévision. Presque naturellement. La télévision lui parlait, l’invitait à s’asseoir en face de lui. A la regarder sous tous ses angles. C’était une relation ancienne qu’ils entretenaient. Pas forcément qualifiable. Il l’avait vue commencer en noir et blanc, se coucher à des heures raisonnables. Avec une mire qui figurait sur l’écran, pour signifier la « fin ». Il n’était pas question … Continuer de lire Ratatiné

La claquette

C’était un jour d’été. De grosse chaleur. Dés le matin, de l’air chaud par les fenêtres ouvertes. Une bouche d’aération qui réchauffait l’atmosphère. De l’air chaud, comme peut en émettre une terre qui transpire. Ce qui aurait pu être un bon signe. Mais, la Terre respirait faiblement. Et cette chaleur qui soufflait depuis le dehors. Il s’était assis sur le canapé convertible. Qui ne convertissait … Continuer de lire La claquette

Feuille de mousse

Cette feuille n’est pas verte. Pas jaune non plus, ni rousse. Elle ne s’envole pas. Elle recouvre mon café-crème. C’est la crème de la crème. Pas spécialement goûteuse, parce que je ne lui autorise que quelques instants d’existence. Le temps de jouir de sa vue, de l’allure qu’elle donne à mon breuvage. Comme un unique exemplaire. Une création de l’éphémère. L’instant. Le plaisir du beau, … Continuer de lire Feuille de mousse

Du sort des feuilles

« La feuille d’automne Emportée par le vent En rondes monotones Tombent en tourbillonnant… » Ça avait de l’allure. Il était question de colchiques* plus loin. Des « colchiques »… Le colchique : tire son nom de Colchide, sur les bords de la Mer Noire. Patrie de la magicienne et empoisonneuse Médée. Cette plante violemment toxique est parfois même nommée « tue-chien ». Ce matin, des feuilles tristes jonchent le sol. … Continuer de lire Du sort des feuilles

« Refroiffement »

Difficile à admettre. Mais il semblerait que contrairement à ce qui se dit, l’Océan a reculé. A Guéthary, en tous cas. Oh, pas de beaucoup, je vous le concède, mais c’est à noter, n’est-ce-pas ?!…Ce panneau en atteste, à une centaine de mètres du rivage. L’évolution des espèces est cependant confirmée, elle. Les baleines, en effet, n’empruntent plus ce chemin, se tenant par la taille, … Continuer de lire « Refroiffement »

Août toujours

…Ce matin, tôt pour moi, mais sans doute à point nommé,  pour eux, deux ouvriers en terrasse, à l’angle de la rue. Une bière fraîche. Plutôt rousse. Une cigarette au bout du bras. L’apostrophe sonore, pendant que son collègue se lève. Un tee-shirt bleu qui a déjà bien transpiré. Un visage de barbu, rond et marqué. Comme celui d’un peintre-marin. Un peintre qui voyagerait. En … Continuer de lire Août toujours

Août s’en va

Le mois des grandes vacances. Le deuxième. Souvent le plus chaud, me semble-t-il. Un qui a revendiqué. Pour disposer de trente et un jours, comme Juillet. Avec des feux d’artifice, des Fêtes en Euskadi beaucoup, et ailleurs aussi. Des temps de plage, d’illusions aussi, comme il sied à l’été. D’aléatoire et  de quête de certitudes pour les sportifs qui rentrent avant les autres, par exemple… … Continuer de lire Août s’en va

Café pause

  C’est un angle de rue. Un de ces endroits qui arrondit les angles. Un café, dans une densité d’établissements proposant du boire et du manger. Du voir et du parler aussi. Le mobilier blanc du marchand de houblon, la table à l’unisson. Le balayeur assis, les jambes allongées, devisant sereinement avec l’œil de l’horodateur. Ici, « l’œil » est vêtue d’une tenue sombre, puis d’un gilet … Continuer de lire Café pause

Equilibre

Sacrée question : l’équilibre. De l’aplomb. Sur un membre. Pour mieux se tenir droit. Enfin droit, dans une sorte de perpendiculaire animée. Une  perpendiculaire qui fait mouvoir la planche. En appui sur une sphère. Du skate sur place comme une prouesse supplémentaire. La maîtrise du mouvement lent. Décomposé. Pour se composer un destin. Peut-être pour éviter l’usine ou la chaîne ou la cantine. Pour faire … Continuer de lire Equilibre

Aste nagusia Bilbao (7) : Agur

    « -Tu peux dire « au revoir » à la mer, tu peux lui dire : au revoir, répète le garçon -Au revoir la mer », dit-elle, en récupérant ses tongs. Elle et sa sœur vêtues à l’identique, d’une robe bleue à bretelles, ornée de motifs, continuent de sautiller dans le sable. Sur la plage de Bidart, Mamie confirme que « c’était le dernier soir ». Une fin de … Continuer de lire Aste nagusia Bilbao (7) : Agur